Restauration, conservation et gestion durable de la forêt communautaire d’Alibi-I

June 27, 2017

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Togo

Restauration, conservation et gestion durable de la forêt communautaire d'Alibi-I

A propos de l'organisation chargée de la mise en oeuvre: 

Nom: Action Environnementale pour le Développement Durable (AE2D)

Pays: Togo

Année de fondation: 2007

Type d'organisation:  Statut juridique sans but lucratif reconnu

Description

Suite aux troubles socio-économiques des années 90 au Togo, des populations vénus du Sud du pays se sont illégalement installées dans la Réserve de Faune d’Abdoulaye, et ont exercé de fortes pressions sur les ressources forestières de la zone jusqu’en 2003. Ils ont été expulsés de la réserve en 2004 et se sont installés dans les villages riverains. Les populations autochtones d’Alibi, qui avaient préservé une partie de leur terre comme réserve de chasse, ont alors été confrontés au défi de sa gestion dans un contexte de pression foncière exercée par les populations allochtones agricoles installées sur leur terroir.
La communauté d’Alibi-1, consciente des menaces exercées sur les ressources naturelles de leur terroir, a pris l’initiative de renforcer la préservation de cet îlot contigüe à la forêt classée d'Abdoulaye, pour le bien être des générations présentes et futures. Au Togo, les forêts communautaires sont régies par la loi portant code forestier de 2008. La communauté d'Alibi est donc l'une des communauté au Togo qui a prit de l’avance sur l’État en matière de conservation communautaire de la Biodiversité. Ainsi la collaboration avec l'association AE2D a conduit à la mise en place et sécurisation de 5 496 ha de forêts avec toutes les richesses naturelles in situ.

Élément de la nature

Forêts / Faune

Tipo de Acción

Protection / Restauration / Utilisation durable / Accès et partage des avantages / Sensibilisation et éducation

Elemento de Desarrollo Sostenible

Emplois et moyens de subsistance / Sécurité alimentaire / Action climatique

Objectifs de développement durable mis en oeuvre

       

Impacts environnementaux

Les feux de brousses, les coupes anarchiques de bois et le braconnage, ont considérablement diminué grâce aux initiatives développées avec le comité local de gestion de de la forêt. L’exploitation des ressources de la forêt est désormais régie par une charte de gestion élaborée à cet effet.

Sur le plan conservation de la biodiversité, la forêt abrite plus de 95 espèces ligneuses identifiées et réparties au sein de 29 familles et 80 genres. La forêt est constituée d’une mosaïque de forêt semi-décidues, de savanes guinéennes, arborées et de forêts galeries dominées par des essences comme Khaya senegalensis, Berlinia grandiflora, Lonchocarpus sericeus et Diospyros mespiliformis. Au plan faunique plusieurs espèces animales telles que le buffle, le céphalophe, le phacochère, le singe rouge, le babouin et différents Kob. Cette forêt a la particularité d'être contigüe à la forêt classée d’Abdoulaye où vit un couple d’éléphant avec leur éléphanteau, espèce emblématique de la préfecture.

Impacts sur le développement durable

La surveillance de la forêt est assurée par les éco-gardes qui initialement étaient des chasseurs qui ont été formés sur la règlementation en matière de chasse au Togo et ensuite sur l'apiculture. Ils sont aujourd’hui apiculteurs et surveillants de la forêt. Les activités apicoles sont couplées à la surveillance et les revenus tirés de l'apiculture leur permettent de pérenniser leurs activités.

Les groupements de femmes formés ont acquis des compétences qui leur a permis de mettre en place leur microentreprises qui les apportent des revenus tangible dans le domaine de maraichage, valorisation et transformation.

Le comité Villageois de Développement est aujourd’hui l'entité juridique de gestion de la forêt et c'est ce comité qui s'est lancé dans le processus d'immatriculation de la forêt par le ministère de l'environnement.

Évolutivité

Le succès de l’initiative développée autour de la forêt communautaire d’Alibi-1 a eu un impact sur la politique locale de gestion des ressources naturelles et constitue un cas d’école au niveau national pour ce qui concerne le système de gouvernance appliquée au forêt au Togo. En effet, les responsabilités de gestion sont confiées aux communautés locales qui se sont approprié les règles de gestion de la forêt définie par consensus. Ce modèle de gestion a eu un grand écho auprès du Ministère de l’Environnement du Togo s’inspire de cette approche de gestion participative pour d’autres aires protégées du pays. C’est cette expérience qui a été répliquée pour le bornage de la forêt classée d’Abdoulaye sur le projet PGICT financé par la Banque mondiale. L'expérience d'Alibi-I a été la référence dans l'élaboration du manuel de procédure de création d'attribution et des normes de gestion des forêts communautaires au Togo initié et adopté par le Ministère avec l'appui de la FAO en 2016.

Réplicabilité

Cette initiative a suscité un grand engouement pour la conservation des ressources naturelles dans la préfecture. Les communautés de Bago, Goubi et Koussountou, qui ont bénéficié des sensibilisations, formations et particulièrement les groupes des chasseurs qui ont bénéficier des ruches et de femmes pour les AGR, sur l'initiative d'alibi, ont tous aujourd’hui leur forêt communautaire. La forêt classée d’Abdoulaye forme aujourd’hui un complexe avec les forêts communautaires d'Alibi (5496 ha), Bago (3500 ha environs) et Koussountou (3000ha environ). La gestion durable de ces forêts communautaires contribue énormément à la gestion de la forêt classée d'Abdoulaye qui a une gouvernance étatique. L'association est aujourd'hui sollicitée à travers toute la préfecture et les autres villages d'autres régions en appui pour la mise en place des forêts communautaires. La communauté d'Alibi a eu déjà plusieurs visites d'échanges sur la gestion de sa forêt communautaire.

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