Lauréats

Après un vaste processus d’évaluation, le Comité Consultatif Technique de l’Initiative Équateur a sélectionné un groupe exceptionnel de 25 gagnants, parmi 310 candidatures en provenance de 70 pays.

Afrique

Asie & Pacifique


L'Amérique latine et les Caraïbes

AFRIQUE

République Démocratique du Congo
Centre d'Appui au Développement Intégral/Mbankana: CADIM

Pour combattre les forts taux de chômage rural et l’exode des fermiers vers les centres urbains, CADIM forme les ceux-ci à l’agroforesterie et aux techniques d’afforestation qui permettent de restaurer la fertilité des sols et d’améliorer la production agricole. Les efforts d’afforestation du groupe ont permis de réduire les pressions exploitatives sur les forêts naturelles, et de faciliter la réapparition d’espèces animales autrefois endémiques – notamment les potamochères et les antilopes. Les programmes de formation de CADIM ont ainsi permis aux fermiers d’accroître leur production agricole traditionnelle – la production de manioc a été multipliée par cinq dans certaines zones – et de diversifier leurs efforts vers de nouvelles activités génératrices de revenus, telles que la production de miel et de charbon. CADIM a établi de solides liens de partenariat avec le Ministère de l’Environnement et a plaidé avec succès pour l’élaboration d’un décret par le Ministre des affaires foncières. Ce décret met en place une subdivision des forêts qui offre une sécurité de l’accès aux terres pour les fermiers.


Zambie
Community Markets for Conservation (COMACO)

COMACO promeut la génération de revenus, la conservation de la biodiversité et la sécurité alimentaire dans la vallée de Luangwa en Zambie. L’association relie plus de 35 000 foyers ruraux, avec, entre autres : des options de modes de vie durables ; des méthodes d’amélioration de la production agricole ; et un accès aux marchés. Plus notable encore, COMACO a facilité la vente de produits alimentaires soucieux de l’environnement sous sa gamme de produits « Its Wild ». L’un des autres succès de COMACO a été de convaincre les fermiers d’échanger leurs fusils, pièges et autres instruments utilisés pour le braconnage contre des outils et des formations nécessaires à l’agriculture durable. Les familles ayant participé ont vu leur sécurité alimentaire croitre de 15%, et leur revenus doubler, et les populations de lions et d’éléphants ont par conséquent augmenté dans la région.


Sénégal
Fédération Régionale des Groupements de Promotion Féminine (FRGPF)

FRGPF est une organisation régionale qui comprend plus de 30 000 membres et travaille au croisement de la conservation de la biodiversité et de l’atténuation de la pauvreté, engageant trois nations de la région de Zinguinchor, une région à forte diversité ethnique et prône aux conflits qui comprend le Sénégal, la Guinée Bissau et la Mauritanie. En réponse à la destruction massive des mangroves causée par l’élevage non-viable des huitres, FRGPF a lancé une campagne de formation sur les méthodes de gestion et de récolte viables pour les femmes de la région. En consultation locale, FRGPF identifie des zones adaptées à l’ostréiculture et équipe les groupes avec les outils nécessaires à l’extraction viable et le marketing des produits. Les femmes de la région sont également formées aux techniques de restauration des mangroves. FRGPF a augmenté les revenus locaux et l’emploi, et a ouvert la voie pour l’entreprenariat féminin, ce qui a changé les attitudes envers les rôles attribués aux deux sexes pour le mieux.


Kenya
Kijabe Environment Volunteers (KENVO)

Avec pour objectifs la conservation des habitats naturels du Kenya et la biodiversité, Kijabe Environment Volunteers (« les Bénévoles de l’Environnement de Kijabe », KENVO) fournit aux communautés locales l’information, l’éducation et les ressources dont elles ont besoin pour promouvoir les commerces dont les activités sont favorables à l’environnement. KENVO met en relation les entrepreneurs locaux avec les agences de micro-crédit, et fournit des formations en apiculture et de guide d’éco-tourisme. L’organisation promeut également l’éducation environnementale au travers de clubs de conservation et de réseaux au sein des écoles locales et inter-écoles. KENVO gère une initiative de boisement d’arbres qui se concentre sur les espèces d’arbres autochtones, promeut des attitudes consommatrices responsables lors de toutes les formations qu’il propose, et assure la durabilité et l’impact maximum de ses travaux en facilitant les échanges communautaires.

Kenya

Kwetu Training Centre for Sustainable Development

Etabli en 1997, le Kwetu Training Centre for Sustainable Development (“Centre de formation de Kwetu pour le Développement Durable ») forme les membres des communautés locales du district de Kilifi à des activités de conservation génératrice de revenus. Dédié à stimuler l’emploi des jeunes, des femmes et des pêcheurs, le centre œuvre avec les groupes locaux pour identifier les opportunités de génération de revenus, les acteurs clefs, et les technologies disponibles qui permettront de renforcer les capacités locales. Au travers de sessions de formations et de planning collaboratif, Kwetu est parvenu à une augmentation de l’emploi et les revenus locaux, en particulier dans les zones de pêche et d’élevage de crevettes, plantation d’arbres, agriculture biologique, apiculture et écotourisme. Plus remarquable encore, le centre facilite la co-gestion des mangroves locales, ce qui bénéficie à la fois à la population locale et à l’environnement.


Namibie
N≠a Jaqna Conservancy

Avec 912 000 hectares de terres communales, N≠a Jaqna Conservancy associe la gestion durable de la vie sauvage et des ressources naturelles et l’abilitation du peuple !Kung San. Créé comme un club de conservation en 2003, l’organisation forme les !Kung San à devenir des guardiens de la vie sauvage, des membres de comité, et des garde-chasse. Sur 4 000 membres de la communauté, plus de 2650 sont membres du club et ont autorité sur la manière dont leurs terres sont exploitées et gérées. L’embauche et les revenus locaux ont augmenté grace au tourisme, aux contrats de chasse, et à la cueillette raisonnée de plantes autochtones. Le domaine de la réserve a également constaté une résurgence des populations d’éléphants, de girafes, de chiens sauvages, et d’antilopes roanne.*


*Les symboles utilisés représentent des consonnes « clics » propres aux langues khoïsan
Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Kho%C3%AFsan

Tanzanie
Ujamaa Community Resource Trust (UCRT)

L’ Ujamaa Community Resource Trust (Fonds Communautaire de Ressources Ujammaa, UCRT) travaille avec des groupes marginalisés et des pastoralistes dans le Nord de la Tanzanie afin d’élaborer des plans de gestion des terres, de gérer les systèmes de ressources naturelles, et d’explorer les opportunités d’activités génératrices de revenus durables. L’une des composantes centrales des travaux de UCRT est la mobilisation des communautés à faire pression sur les gouvernements locaux et nationaux sur les questions de droits fonciers communautaires et accès aux ressources. UCRT a soutenu plus de 20 villages dans le Nord de la Tanzanie – y compris les zones riches en biodiversité de Serengeti et Tarangire – à garantir la sécurité foncière, à accroître les bénéfices économiques dérivants des écosystèmes (principalement au travers de l’écotourisme), et à établir des aires de conservation communautaire basées sur les pratiques de gestion autochtones.


Ghana
Wechiau Community Hippo Sanctuary (WHCS)

Wechiau Community Hippo Sanctuary (le Sanctuaire des Hippopotames de la Communauté de Wechiau, WCHS) protège les populations d’hippopotames le long du fleuve de la Volta Noire dans le nord du Ghana. Un bureau de gestion mène les opérations du sanctuaire, qui représente plus de 10 000 personnes et plus de 500 espèces animales. Ces efforts de conservation ont permis la démarcation de deux zones distinctes : une aire protégée proche du fleuve pour les hippopotames, et une autre pour la population humaine. Ce modèle a été répliqué dans les communautés voisines qui cherchent à tirer des bénéfices économiques de la protection de la biodiversité locale. Les revenus du sanctuaire sont investis dans la provision d’eau potable, l’alphabétisme, des initiatives pour l’éducation, ainsi que des projets d’électricité solaire.


ASIE ET PACIFIQUE

Iles Solomon
Arnavon Community Marine Conservation Area Management Committee (ACMCA)

Arnavon Community Marine Conservation Area Management Committee (le Comité de gestion de la zone de conservation communautaire marine d’Arnavon, ACMCA) a été lors de sa création en 1996 la première aire de conservation communautaire des Iles Solomon. Ses 157 km2 sont lieu de ponte de la tortue marine à bec de faucon, une espèce en péril. La zone de conservation, créé pour enrayer la surexploitation des ressources marines qui s’amenuisent, attire un écotourisme qui s’est avéré une source précieuse de revenus pour les communautés locales. Les jeunes sont employés comme surveillants, et les lycéens sont amenés en excursions pour en savoir plus sur les efforts de conservation du groupe. Le comité de gestion représentant les trois villages fondateurs a également aidé à résoudre les conflits qui caractérisaient leurs relations dans le passé.


Philippines
Camalandaan Agroforest Farmers Association (CAFA)

A la confluence de quatre affluents fluviaux importants, dans un bassin hydrographique critique de l’île de Negros, la Camalandaan Agroforest Farmers Association (Association des fermiers agroforestiers de la Camalandaan, CAFA) œuvre à mobiliser les initiatives communautaires et durables de gestion des eaux et des terres. Les travaux du groupe consistent au niveau communautaire à démarquer des zones distinctes qui permettent à la fois le développement local et la conservation de la biodiversité. Près de 1200 hectares ont été désignés comme réserves naturelles protégées (dans des zones qui hébergent plusieurs espèces de faune et flore en péril), et près de 2 000 hectares ont été converties en plantations d’arbres. Des zones tampons séparent les différentes zones. En prime des revenus des plantations, l’afforestation a permis de maintenir la qualité du bassin et d’accroître l’habitat sauvage.


Sri Lanka
Community Development Centre (CDC)

Le Community Development Centre (Centre Communautaire de Développement, CDC) préserve plus de 60 variétés de racines et de patates douces, et utilise ces cultures traditionnelles pour fournir des revenus aux fermiers locaux. Au moyen d’un partage équitable des bienfaits, du partage du savoir et des banques de graines, le CDC œuvre à la capacitation des communautés et la durabilité en général. Plus de 300 foyers, et un pourcentage important de femmes, en sont les bénéficiaires directs. Les élevages de vers et le compostage des cultures locales fournissent deux sources additionnelles de revenus. Le CDC sert de centre de formation, de banque de graines, et de site d’échange de savoir. Sa capacité à servir de modèle a été démontré lorsque celui-ci a été reproduit comme une initiative durable et à faibles besoins technologiques dans l’ensemble du pays.


Micronésie
Conservation Society of Pohnpei (CSP)

Créée en 1998 dans le but de répondre aux pressions exercées sur les ressources marines et terrestres de Pohnpei, Conservation Society of Pohnpei (la Société de Conservation de Pohnpei, CSP) œuvre à promouvoir les liens entre un environnement en bonne santé et une économie prospère. Ses activités principales comprennent : le soutien à la pêche artisanale et aux projets de mariculture à petite échelle, tels que des fermes d’éponges et de coraux ; le plaidoyer pour le rétablissement d’aires marines protégées au sein du lagon de Pohnpei ; et le maintien d’un réseau de sept zones marines protégées gérées par la communauté. L’exécution et la surveillance associent les techniques traditionnelles et les technologies modernes. L’information sur la conservation est diffusée aux écoliers locaux et aux 34 000 habitants de Pohnpei au travers de campagne d’éducation interactives.


Indonésie
The Indonesian Community-based Marine Management Foundation (PLKL)

The Indonesian Community-based Marine Management Foundation (La Fondation de gestion communautaire marine indonésienne, PLKL) aide des communautés des provinces de Papouasie, Papouasie de l’Ouest, ainsi que celles de l’archipel des îles Moluccan à administrer leurs ressources marines au travers de systèmes traditionnels de gestion de la propriété, connus sous le nom de sasi. La fondation est parvenue par ses efforts de création de zones marines gérées par la communauté à préserver la biodiversité locale, accroître l’abondance des ressources, et améliorer les revenus. PLKL soutient plus de 20 communautés dans ces efforts, et sert de modèle lors de visites de sites régionaux et programmes de création de réseaux. A l’aide de formations ciblées et de soutien technique, la gestion communautaire dans la région a abouti à une croissance de la population d’espèces endémiques essentielles aux écosystèmes et modes de subsistance locaux.


Vanuatu
The Nguna-Pele Marine Protected Area (NPMPA)

A l’origine une initiative entre quatre chefs de villages, NPMPA (la zone marine protégée de Nguna-Pele) est devenue une collaboration entre 16 villages sur deux îles. Ce groupe gère les ressources marines et foncières d’une région écologiquement sensible, en particulier par la barrière de corail et les lagons de marée des alentours. S’ajoutant aux négociations en cours avec le gouvernement national pour demander plus de droits écologiques, NPMPA est actif dans l’éducation écologique, la gestion des déchets, les projets d’énergie renouvelable, l’écotourisme, la mariculture, et les évaluations environnementales. Depuis sa création en 2002, la population et la qualité de la vie marine ont sensiblement augmenté, les revenus moyens des villageois se sont accrus (principalement grâce à l’écotourisme), les femmes et les jeunes participent plus à la gouvernance et la prise de décision, et on constate une résurgence des traditions culturelles et linguistiques résultant des partenariats entre les villages.


Sri Lanka
Sri Lanka Wildlife Conservation Society (SLWCS)

La SLWCS (société de conservation de la vie sauvage du Sri Lanka) a été créée en 1995 dans le but de protéger les espèces animales menacées, faciliter les collaborations entre groupes ruraux marginalisés, et préserver les écosystèmes endommagés. Dès ses débuts, la société a réalisé que les incursions des éléphants dans les zones agricoles constituaient un problème de taille pour les villages locaux. Depuis, la SLWCS a établi des partenariats avec les communautés locales afin de gérer les interactions entre éléphants et humains de manière mutuellement bénéfique. Au moyen d’évaluations environnementales, de clôtures électriques solaires pour les terres agricoles et d’éducation sur la conservation, la société a pu atténuer la dégradation de la forêt, les pertes agricoles, et les torts causés aux éléphants. L’utilisation de clôtures électriques solaires est une innovation remarquable – celles-ci sont financées et entretenues par les villageois et ont résulté en un arrêt total des raids d’éléphants, une augmentation des revenus, moins de temps passé à garder les récoltes, et un meilleur rendement agricole.


Cambodge
Tmatboey Community Protected Area Committee

Le village de Tmatboey est en bordure du sanctuaire sauvage de Kulen Promtep au nord du Cambodge, une zone connue pour ses populations d’oiseaux en péril tels que l’ibis de Davison. Le village de 203 familles utilise l’écotourisme de manière efficace pour assurer la gestion durable des forêts voisine. Pour protéger le domaine, un comité élu travaille de concert avec les groupes touristiques afin d’attirer les ornithologues amateurs cambodgiens et internationaux et les organismes de conservation de la biodiversité. Ce comité a établi un plan exhaustif d’utilisation des terres pour le village, instaurant une politique d’interdiction de la chasse. Les revenus tirés de l’écotourisme sont réinvestis dans l’infrastructure locale et l’assainissement, les routes et les écoles. Les efforts de conservation du village et les nouvelles opportunités d’emploi ont permis une augmentation des revenus et une croissance des populations des oiseaux en péril.


AMERIQUE LATINE ET CARAIBES

Bolivie
Asociación de Apicultores de la reserva de tariquía (AART)

Établie en 1992, AART produit du miel biologique dans la réserve de Tariquía en Bolivie. L’introduction de l’apiculture dans le réserve avait auparavant conduit à l’abattage d’un grand nombre d’arbres. AART a développé une nouvelle méthode de collecte du miel qui permet de ne pas les endommager. Le groupe met en place des procédures à suivre par tous les producteurs de miel, procédures qui prennent en compte le savoir social et culturel des populations locales. La production de miel est une source vitale de revenus pour les résidents de cette région isolée, et AART est engagé à assurer le partage équitable des bénéfices.
Les modes de production biologique de ce miel qui a reçu les honneurs – le miel d’AART est reconnu comme « Le meilleur de Bolivie » - a eu un impact positif sur la pollinisation de la flore locale et sur la revitalisation des espèces endémiques d’abeilles.


Pérou
Asociación de Artesanas de Arbolsol y Huaca de Barro del distrito de Mórrope

Formée par des femmes locales en 2003, l’Asociación de Artesanas de Arbolsol y Huaca de Barro del distrito de Mórrope (Association des artisanes de Arbolsol y Huaca de Barro du district de Mórrope) oeuvre à rétablir les méthodes traditionnelles de production de coton biologique, qui sont à la fois écologiquement responsables et qui permettent un changement socio-économique bénéfique dans la région. L’association supervise la semence et la récolte de variétés de coton locales, et n’utilise que des pesticides naturels. De plus, l’association gère activement les ressources en eau, une amélioration qui a conduit à leur assainissement. Les couleurs traditionnelles du coton local ont été retrouvées, et ce coton est vendu sur les marchés locaux. Le groupe, qui a commencé comme une organisation de femmes, s’est maintenant étendu pour inclure la communauté entière.


Pérou
Asociación de Pobladores por el Progreso y Desarrollo de Campo Amor Zarumilla (ASPOPRODECAZ)

ASPOPRODECAZ (association des peuples pour le progrès et le développement de Campo Amor Zarumilla) est une association qui représente 11 000 habitants du sanctuaire national des mangroves à Tumbes, au Pérou. L’association s’est adaptée en réponse aux pressions sur les écosystèmes locaux exercées par la croissance de la population, l’abattage et la pollution par déchets solides. Pour contrebalancer la dégradation croissante, ASPOPRODECAZ a reboisé les mangroves avoisinantes avec plus de 100 000 espèces de plantes des forêts. L’association fournit des programmes éducatifs et a créé la première pépinière d’arbres dans la région. L’une des composantes particulièrement innovante et viable est un programme de gestion des déchets qui embauche 250 familles dans le recyclage, la collecte de déchets solides, et la récupération de biogaz émanant du fumier du bétail et des déchets organiques. Le programme a contribué de manière significative à la diminution de la demande en bois de chauffe et de l’exploitation des forêts locales, un résultat critique. Les revenus des foyers de la région ont augmenté, l’écotourisme local s’est accru, et l’emploi s’est diversifié.


Colombie
Asociación de Productores Indígenas y Campesinos de Riosucio Caldas (ASPROINCA)

Située dans la région de Caldas dans le nord de la Colombie, ASPROINCA (l’association des producteurs autochtones et paysans de Riosucio Caldas) est une organisation communautaire qui travaille avec près de 400 familles de paysans autochtones afin de diversifier la production agricole de manière responsable pour l’environnement. L’un des objectifs clefs de l’association est de faire cesser la dépendance locale à la production de café. L’association a est parvenue à collaborer avec les paysans locaux afin de: accroître la sécurité alimentaire ; instaurer des pratiques agricoles durables ; intégrer le compostage ; et réintroduire des espèces natives de haricots, maïs, canne panela et fourrage. Une autre nouveauté a été de former les paysans à récolter le biogaz, allégeant ainsi la pression sur les forêts voisines abattues pour le bois de chauffe.


Bolivie
Chalalan Albergue Ecologico

Fondé en 1992, Chalalan Albergue Ecologico est un éco-lodge détenu et géré exclusivement par les membres de la communauté du groupe Quechua-Tacana. Couvrant 200 000 hectares du Parc de Madidi – l’une des zones les plus écologiquement sensibles du monde - Chalalan parvient à générer des revenus de l’écotourisme qui profitent directement à 116 familles. Les profits sont réinvestis dans de petits projets de santé, d’éducation, d’eau et d’assainissement. La communauté est parvenue à réduire les pratiques nuisibles à l’environnement et a ainsi contribué au renouvellement d’espèces natives en péril de la région. En tant que pionner de l’écotourisme en Bolivie, Chalalan a commence à produire des bénéfices en 2001. Le succès de l’éco-lodge est tel qu’il a attiré les membres de la communauté à revenir vers une région qu’ils avaient quittée pour raisons de pauvreté.


Brésil
Cooperativa Agro-extrativista Yawanawa - COOPYAWA

Établie en 2003, COOPYAWA (Coopérative agro-extrativiste de Yawanawa) est un corps représentatif du peuple autochtone de Yawanawa de l’état de Acre. Le groupe vise à créer des opportunités de revenus pour ses membres au travers de la conservation et de la promotion du peuple Yawanawa et de l’un des ses produits agricoles : urucum. Lorsque le gouvernement national a cessé d’acheter le caoutchouc des Yawanawa en 1992, ce qui représentait à l’époque leur source de revenus principale, le groupe s’est réuni afin d’envisager d’autres formes de revenus durables. Les Yawanawa se sont tournés vers le urucum, une plante locale dont l’essence est utilisée en cosmétiques, et a établi un partenariat avec l’entreprise Aveda. En 2003, le groupe a signé un accord avec Aveda pour commercialiser des cosmétiques à base d’urucum en utilisant le nom d’Yawanawa et partager les profits de manière équitable. COOPYAWA partage les bénéfices au sein des tribus Yawanawa, et, au travers d’une campagne internationale de plaidoyer, est parvenue à obtenir que leur territoire tribal passé de 92 000 à 187 000 hectares.


Colombie
Corporación Serraniagua

La Corporación Serraniagua connecte les couloirs du Parc National de Tatamá et de Serrania de los Paragua grâce à une série de réserves naturelles, dont soixante sont gérées par les communautés et sept gérées par l’état. L’organisation travaille à promouvoir le développement durable au travers de la conservation de la biodiversité, et a une base diversifiée de parties prenantes, qui comprend des producteurs de cacao, de café et de sucre, des entreprises d’écotourisme, des groupes qui travaillent sur l’environnement, des écoles rurales et des organisations de femmes. Corporación Serraniagua exploite ce dynamique réseau social pour mener un programme compréhensif de communication qui utilise une radio communautaire, des lettres d’information, des peintures murales, des vidéos éducatives, et des tours communautaires. L’initiative promeut le commerce de produits biologiques et représente les intérêts communautaires lors d’événements régionaux sur le sujet.


Brésil
Center for Biodiversity Protection and Sustainable Use of Natural Resources (‘Poloprobio Rio Branco’)

Le Center for Biodiversity Protection and Sustainable use of Natural Resources (Centre pour la protection de la biodiversité et l’utilisation durable des ressources naturelles) est un institute de science et technologies dédié à la recherche innovante sur la conservation de la biodiversité et les modes de vie durables. Les principales réussites du groupe à ce jour ont été le développement d’une technologie utilisée dans le traitement du caoutchouc naturel – un procédé qui combine les techniques traditionnelles avec le savoir scientifique et des équipements industrielles, et qui est adapté a une utilisation en forêt. L’application de cette technologie a contribué de manière significative à la diminution de la pauvreté dans la région en fournissant de l’emploi et des revenus. Elle a également réduit les menaces pesant sur la déforestation tropicale dans la région et contribué à protéger la biodiversité.


Équateur
Unión de Organizaciones Campesinas e Indígenas de Cotacachi (UNORCAC)

Unión de Organizaciones Campesinas e Indígenas de Cotacachi (L’union des organisations paysannes et autochtones de Cotacachi, UNORCAC) est une organisation de 3 225 familles Quichua consacrée à l’amélioration de la qualité de vie des Equatoriens autochtones. Le groupe se concentre sur la conservation de la biodiversité agricole, la réintroduction et le maintien des pratiques de cultures traditionnelles, et une participation communautaire compréhensive. UNORCAC aide au renforcement des capacités dans 3 domaines: l’apiculture, l’ethno-tourisme, et cultures à haute valeur ajoutée en particulier les mûres). L’un des succès critiques de l’organisation a été la réintroduction de cultures traditionnelles et de plantes médicinales, un processus de renouvellement culturel qui a conduit à une estimation de la valeur de plus de 130 espèces de plantes. Les revenus locaux ont augmenté de manière significative, et les membres de la communauté cultivent maintenant plus de la moitié de leurs denrées alimentaires.