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Togo

 

About the Implementing organization

Action Environnementale pour le Développement Durable (AE2D)

Country: Togo

Year of establishment: 2007

Type of organization: Statut d’organisme à but non lucratif légalement reconnu

Description

L’AE2D est une Association apolitique de droit togolais crée le 22 juillet 2003 et reconnue officiellement par récépissé n°0974/MAT-SG-DAPOC-DOCA du 06 novembre 2007 signé par le Ministre de l’Administration Territoriale du Togo. Vision « D’ici à l’horizon 2030, vingt mille hectares de forêts communautaires dans les régions Centrale et Kara du Togo sont durablement gérées par les communautés, la pauvreté en milieu rural y est réduite de moitié et le cadre de vie des populations est amélioré permettant aux populations rurales dans, ces deux préfectures de jouir effectivement de l’utilisation durable de leurs ressources naturelles ». Mission Promouvoir la gestion durable des ressources naturelles auprès des communautés locales. L’Association a quatre axes d’intervention (i) Gestion durable des forêts et conservation de la biodiversité, (ii) Résilience des écosystèmes et des communautés face au changement climatique et aux crises alimentaires, (iii) Promotion de l’agriculture familiale et de l’entreprenariat social, (iv) Gestion intégrée des ressources en eau, hygiène, assainissement et amélioration du cadre de vie. L’association a appuyé depuis 2010, le Comité Villageois de Développement d’Alibi-I (CVD) à mettre en place une forêt communautaire d’une superficie de 5496ha gérée par un comité de 11 membres. Au Togo, les forêts sont gérées par l’’Etat à travers le Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Protection de la Nature. Cette gestion unilatérale laissant en marge les communautés riveraines aux forêts a marqué la gestion des forêts au Togo depuis le temps colonial jusqu’en 2008 où les textes ont intégré la participation des communautés à la gestion des aires protégées. Les effets combinés du processus de mise en place des aires protégées (expropriation des terres par l’Etat) et la gouvernance unilatérale ont créer des tentions et des esprits de révolte au seins des communautés riveraines aux aires protégées au Togo. Ceci se traduit par les fortes pressions exercées par les population sur la flore et la faune lorsqu’elles en ont l’opportunité. La forêt était perçue comme source de conflit entre agent forestier et communautés. La communauté d’Alibi-I, en marge de cette dynamique de gouvernance étatique des Aires de conservation avait institué un type de gouvernance basé sur les us et coutumes. Plus de 3000ha de forêts étaient réservés pour la chasse et placé sous l’autorité du chef coutumier. Cette initiative a été découverte par l’Association AE2D à partir de 2007. L’accompagnement de la communauté dans ce processus a abouti à la création d’une forêt communautaire de 5496ha en 2010. Les règles de gestion jadis orales ont été formalisées et contenues dans une charte de gestion partagée et validé par toute la communauté. Cette forêt est aujourd’hui gérée par le Comité Villageois de Développement au profit de toute la communauté. Cette initiative reste novatrice dans la mesure où la gestion des forêts est perçue comme une affaire de l’Etat et non des communautés. Aussi la plupart des communautés riveraines aux Aires protégées sont considérées par les agents forestiers comme une menace aux ressources forestières. Les activités sur cette forêt communautaire participent au développement du milieu et restent en ce sens différentes des pratiques habituelles (envahissement, coupes illicites, braconnage, feux de brousse, etc.) des communautés riveraines aux aires protégées.

Nature Element

Forêts︱Zones humides et rivières

Type of Action

Protection des écosystèmes︱Restauration d’écosystèmes︱Utilisation durable des ressources naturelles︱Sensibilisation et éducation

Sustainable Development Element

Emplois et moyens de subsistance︱Sécurité alimentaire︱Collectivités durables et réduction des risques de catastrophe︱Consommation et production durables

Related Sustainable Development Goal(s)

        

Environmental Impacts

Les feux de brousses, les coupes anarchiques de bois et le braconnage, ont considérablement diminué grâce aux initiatives développées avec le comité local de gestion de de la forêt. L’exploitation des ressources de la forêt est désormais régie par une charte de gestion élaborée à cet effet. Sur le plan conservation de la biodiversité, la forêt abrite plus de 95 espèces ligneuses identifiées et réparties au sein de 29 familles et 80 genres. La forêt est constituée d’une mosaïque de forêt semi-décidues, de savanes guinéennes, arborées et de forêts galeries dominées par des essences comme Khaya senegalensis, Berlinia grandiflora, Lonchocarpus sericeus et Diospyros mespiliformis. Au plan faunique plusieurs espèces animales telles que le buffle, le céphalope, le phacochère, le singe rouge, le babouin et différents Kob. Cette forêt a la particularité d’être contigüe à la forêt classée d’Abdoulaye où vit un couple d’éléphant avec leur éléphanteau, espèce emblématique de la préfecture.


CLIMATE IMPACTS

La forêt communautaire d’Alibi-I par sa superficie contribue énormément à la séquestration du carbone contenu dans le sol comme dans la biomasse des végétaux. Cette forêt offre un micro climat dans la zone. Les villages riverains enregistrent généralement plus de pluviométrie en nombre de pluie et quantité que les autres villages de la préfecture. Ainsi le dérèglement climatique et peut ressenti dans les villages riverains. Plus de 2000ha de cette forêt sont destinées à la protection stricte. Ce qui permet non seulement la séquestration du carbone mais de réduire les effets des changements climatiques dans la zone. Aussi la mise en place de la forêt communautaire a entrainé les agriculteurs riverains à changer leurs pratiques culturales. Les pratiques agroforestières sont désormais celles adoptées par ces agriculteurs dans les villages riverains.

Sustainable Development Impacts

La forêt est subdivisée en quatre série d’aménagement: la série de protection stricte, la série de production, la série de pâturage et la série de conservation. La série de production est destinée au développement de la communauté. Dans cette zone est développé l’apiculture et la récolte de la paille. Elle est subdivisée en 15 placettes annuelles de coupe. Les inventaires floristiques et le marquage des pieds exploitables a été fait sur la première assiette. L’exploitation d’une placette annuelle va procurer en moyenne un chiffre d’affaire de soixante quatorze million de francs CFA à la communauté. Les bénéfices sont gérés sur la base d’une clé de répartition contenue dans la charte de gestion. Au plan environnemental, plus de 2000ha sont dédiés à la protection stricte. Une série de près de 900ha a été dédiée au pâturage pour les éleveurs sédentaires et les transhumants, ce qui a permis de réduire les conflits qui naissent entre agriculteurs et éleveurs dans la recherche du pâturage.


RESILIENCE, ADAPTABILITY, AND SELF-SUFFICIENCY

La mise en place de la forêt communautaire, a conduit à un changement de comportement dans l’affectation des sols. Les différentes activités réalisées, jusqu’en 2018, ont permis de renforcer la conscience de la population et améliorer la gouvernance environnementale locale qui se traduit par l’engagement citoyen. L’organisation de la communauté en un comité de gestion inclusif réunissant les 5 villages riverains à la forêt a permis de renforcer la cohésion sociale et le vivre ensemble dans la communauté. Au plan économique, la forêt offre une gamme d’Activités génératrice de revenus aux communautés. Vingt cinq (25) éco gardes sont formés en apiculture et ont installés 50 ruches dans la forêt. Ces ruches produisent annuellement près 500 litres de miel soit un équivalent de plus d’un million de FCFA en chiffre d’Affaire par an. Deux groupement de femmes sont organisées et équipées et s’investissent dans la collecte et transformation des grains de karité en beurre.Dans un souci de réduire les inégalités, l’initiative a intégré toutes les couches sociales dans le comité de gestion de la forêt. Ce comité, composé de 11 membres issus des cinq villages riverains à la forêt est constitué de: chefferie traditionnelle, Jeunes, Femmes, garants des us et coutumes, agriculteurs et éleveurs. Toutes les activités réalisées ont toujours fait l’objet d’une planification préalable par ledit comité. Toutes les couches sociales sont toujours représentées dans la réalisation des activités tells que le bornage, les enrichissements, l’aménagement de points d’eau, l’ouverture des pistes etc. La gestion de la forêt se fait sur la base d’une charte de gestion qui a pour objectif d’assurer une gestion qui satisfait au mieux les besoins et les intérêts des communautés locales et des populations riveraines au plan écologique, social, économique et culturel. L’élaboration de cette charte a connu un processus participatif et inclusif de toute la communauté. En plus de cette charte, un Plan d’Aménagement et de Gestion a été élaborée et validé par la communauté et qui sert aussi de document de planification et gestion de la forêt.


REDUCED INEQUALITIES

Dans un souci de réduire les inégalités, l’initiative a intégré toutes les couches sociales dans le comité de gestion de la forêt. Ce comité, composé de 11 membres issus des cinq villages riverains à la forêt est constitué de: chefferie traditionnelle, Jeunes, Femmes, garants des us et coutumes, agriculteurs et éleveurs. Toutes les activités réalisées ont toujours fait l’objet d’une planification préalable par ledit comité. Toutes les couches sociales sont toujours représentées dans la réalisation des activités tells que le bornage, les enrichissements, l’aménagement de points d’eau, l’ouverture des pistes etc. La gestion de la forêt se fait sur la base d’une charte de gestion qui a pour objectif d’assurer une gestion qui satisfait au mieux les besoins et les intérêts des communautés locales et des populations riveraines au plan écologique, social, économique et culturel. L’élaboration de cette charte a connu un processus participatif et inclusif de toute la communauté. En plus de cette charte, un Plan d’Aménagement et de Gestion a été élaborée et validé par la communauté et qui sert aussi de document de planification et gestion de la forêt.


GENDER EQUALITY

La pleine participation des femmes a été un souci permanent à travers toutes les phases de l’initiative : la formulation, la planification et l’exécution et le suivi des actions. Ainsi on note la présence de trois femmes sur onze membres dans le comité de gestion. Dans la zone, la plupart des femmes s’adonnent à la fabrication du charbon de bois pour subvenir à leur besoins et ceux de leurs famille. L’initiative a permis d’organiser ces femmes en groupement en leur proposant d’autres activités alternatives moins pénibles et générant plus de revenus. Ainsi, une attention particulière a été accordée à leur autopromotion et organisation en groupements bénéficiaires de micro-financements pour la transformation des produits agricoles et les champs collectifs. Deux groupements de ces femmes s’occupent spécialement de la valorisation des produits forestiers non ligneux (collecte et transformation des grain de Karité en beurre, collecte des grains de néné).


SOCIAL INCLUSION

Des réunions régulières ont permis de sensibiliser tous les acteurs et de mettre en place des comités de surveillance de la forêt. Une forte adhésion s’est créée autour de la gestion de la forêt et a permis de renforcer les relations entre les villages du canton d’Alibi. Le comité de gestion est constitué de membres provenant des 5 villages riverain à la forêt (Alibi, Agbawilga, Kitangoli, Amoudoulou et Bem). Le comité anti-feu est spécialement constitué sur la base de la proximité par rapport à la forêt. Les membres de ce comité sont dans le village d’Agbawilga dont la population est allochtone. La plupart des activités et formations organisées sur la gestion durable des terres sont plus orientées sur les villages riverains à population allochtone et purement agricole. Une attention particulière a été accordée à l’autopromotion des femmes qui ont été organisées en groupements bénéficiaires de micro-financements pour des activités génératrices de revenus. Ces femmes ont bénéficié des formations sur les aspects organisationnels des coopératives, ce qui les a aidé à d’auto-promouvoir. Beaucoup d’établissements scolaires ont été touchés par l’initiative. Les jeunes écoliers ont été sensibilisés sur les enjeux de l’environnement à travers les projections de films et les jeux concours sur les thématiques de l’environnement.

Scalability

Le succès de l’initiative développée autour de la forêt communautaire d’Alibi -1 a eu un impact sur la politique locale de gestion des ressources naturelles et constitue un cas d’école au niveau national pour ce qui concerne le système de gouvernance appliquée aux forêts au Togo. En effet, les responsabilités de gestion sont confiées aux communautés locales qui se sont approprié les règles de gestion de la forêt définie par consensus. Ce modèle de gestion a eu un grand écho auprès du Ministère de l’Environnement du Togo. C’est cette expérience qui a été répliquée pour le bornage de la forêt classée d’Abdoulaye sur le projet PGICT financé par la Banque mondiale. L’expérience d’Alibi-I a été la référence dans l’élaboration du manuel de procédure sur la foresterie communautaire au Togo par le ministère de l’Environnement avec l’appui de la FAO en 2016. Ainsi la forêt communautaire d’Alibi-I est l’une des premières forêt au Togo a avoir la reconnaissance officielle du Ministère.

Replicability

Cette initiative a suscité un grand engouement pour la conservation des ressources naturelles dans la préfecture. Les communautés de Bago, Goubi et Koussountou qui ont bénéficié des sensibilisations, formations et particulièrement les groupes des chasseurs qui ont bénéficié des ruches et de femmes pour les AGR, sur l’initiative d’Alibi, ont tous aujourd’hui leur forêt communautaire. La forêt classée d’Abdoulaye forme aujourd’hui un complexe de plus de 45000ha avec les forêts communautaires d’Alibi-I, Bago, Goubi et Koussountou. La gestion durable de ces forêts communautaires contribue énormément à la gestion de la forêt classée d’Abdoulaye qui a une gouvernance étatique. L’association est aujourd’hui sollicitée à travers toute la préfecture et les autres villages d’autres régions en appui pour la mise en place des forêts communautaires. La communauté d’Alibi a eu déjà plusieurs visites d’échanges sur la gestion de sa forêt communautaire.

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